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La plus grande vague de licenciements jamais organisée par Oracle ne s'est pas accompagnée d'un appel téléphonique, d'une réunion ou d'un entretien avec un responsable, mais seulement d'un e-mail

Le , par Jade Emy

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La plus grande vague de licenciements jamais organisée par Oracle ne s'est pas accompagnée d'un appel téléphonique, d'une réunion ou d'une conversation avec un responsable. Elle a pris la forme d'un e-mail. Envoyé par « Oracle Leadership » à 6 h du matin aux États-Unis, l'e-mail informait les employés que leurs postes avaient été supprimés dans le cadre d'un « changement organisationnel plus large » faisant suite à ce qu'Oracle a qualifié de « réflexion approfondie » sur ses besoins commerciaux. Un autre rapport a confirmé que les licenciements se chiffraient en milliers.

Oracle Corporation est une multinationale américaine spécialisée dans les technologies, dont le siège social est situé à Austin, au Texas. Oracle figure parmi les 20 plus grandes entreprises mondiales en termes de capitalisation boursière. La société commercialise des logiciels de bases de données (notamment Oracle Database), des applications d'entreprise, ainsi que des infrastructures cloud et du matériel informatique. Les logiciels d'application phares d'Oracle constituent une suite de produits logiciels d'entreprise, comprenant des solutions de planification des ressources d'entreprise (ERP), de gestion du capital humain (HCM), d'expérience client (CX) et de gestion de la chaîne logistique (SCM).

Début mars 2026, un rapport a révélé qu'Oracle prévoit de supprimer des milliers d'emplois dans toutes ses divisions afin de faire face à une crise de trésorerie croissante liée à l'expansion ambitieuse et de plus en plus coûteuse de son centre de données dédié à l'intelligence artificielle (IA). Récemment, Oracle a commencé à licencier des employés dans ses bureaux à travers le monde : des travailleurs aux États-Unis, en Inde et dans d’autres régions ont signalé avoir reçu des courriels de licenciement. Ces e-mails informaient les employés que leur poste avait été supprimé dans le cadre d’une réorganisation plus large, et que le jour où ils recevaient l’e-mail était leur dernier jour de travail.

Selon un nouveau rapport, la plus grande vague de licenciements jamais organisée par Oracle ne s'est pas accompagnée d'un appel téléphonique, d'une réunion ou d'une conversation avec un responsable. Elle a pris la forme d'un e-mail. Envoyé par « Oracle Leadership » à 6 h du matin aux États-Unis, le message s'ouvrait sur des mots qui ont réveillé des milliers d'employés le 31 mars : « Nous avons une nouvelle difficile à vous annoncer. » L'e-mail informait les employés que leurs postes avaient été supprimés dans le cadre d'un « changement organisationnel plus large » faisant suite à ce qu'Oracle a qualifié de « réflexion approfondie » sur ses besoins commerciaux. La ligne suivante était sans détour : « Aujourd'hui est votre dernier jour de travail. » Pas de période de transition, pas de délai de grâce.


Après une ligne exprimant la gratitude de l’entreprise pour leur « dévouement, leur travail acharné et leur impact », l’e-mail passait directement aux aspects logistiques. Les employés ont été informés qu’ils auraient droit à une indemnité de départ, mais seulement après avoir signé les documents de licenciement envoyés via DocuSign sur leur adresse e-mail Oracle. Mais le temps pressait déjà. L’e-mail avertissait que l’accès aux ordinateurs, à la messagerie électronique, à la messagerie vocale et aux fichiers serait « bientôt désactivé », laissant aux employés un délai très court pour agir.

Il leur a été demandé de fournir immédiatement une adresse e-mail personnelle via un formulaire intégré afin qu’Oracle puisse leur envoyer la FAQ et les documents de licenciement. L’e-mail comportait également un rappel ferme : il est « interdit aux employés de télécharger, copier ou conserver » toute information confidentielle d’Oracle, y compris de s’envoyer des fichiers par e-mail.

L’e-mail se terminait par un remerciement et renvoyait les questions vers la page Ask HR d’Oracle ou un numéro gratuit. Aucun contact RH spécifique, aucun nom de responsable, aucune explication sur les raisons du choix de certains postes. La signature indiquait simplement : « Direction d’Oracle » (Oracle Leadership).

On estime qu'environ 10 000 personnes ont perdu leur emploi à ce jour, selon des employés qui ont suivi la baisse du nombre de membres actifs sur le Slack interne d'Oracle. TD Cowen estime que le total pourrait atteindre 20 000 à 30 000 personnes, soit environ 18 % des 162 000 employés d’Oracle. Des publications sur les forums r/employeesOfOracle de Reddit et Blind ont brossé un tableau similaire, les équipes d’Oracle Health, Cloud, Sales, Customer Success, NetSuite IDC, RHS et SVOS étant toutes touchées.

Un autre rapport a confirmé que les licenciements se chiffraient en milliers, citant deux personnes proches du dossier. Michael Shepherd, un cadre supérieur d’Oracle qui n’a pas été touché, a écrit sur LinkedIn que les licenciements concernaient « des ingénieurs seniors, des architectes, des responsables des opérations, des chefs de projet et des spécialistes techniques » et n’étaient pas liés aux performances.

Pourtant, Oracle a fait sensation lorsqu’il a annoncé, en septembre 2025, un partenariat de l’ordre de 300 milliards de dollars avec OpenAI. Cette alliance visait à doter ce dernier acteur de l’intelligence artificielle d’une infrastructure de cloud et de calcul massif, positionnant Oracle comme fournisseur clé de l’ère IA. Toutefois, à peine quelques semaines après l’annonce, les marchés financiers ont donné un signal fort : l’accord semble déjà « être sous l’eau ».

À la suite de l'annonce, la capitalisation boursière d’Oracle aurait perdu plus de 315 milliards de dollars, dépassant ainsi la valeur totale de l’accord. Ce glissement traduit un manque de confiance des investisseurs dans la capacité d’Oracle à convertir ce partenariat en création de valeur. L'action Oracle a chuté de 25 % cette année et a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis son pic de septembre 2025. L'entreprise a contracté 58 milliards de dollars de nouvelles dettes en deux mois pour financer la construction de son centre de données dédié à l'IA, et les dirigeants ont déclaré que cet investissement serait rentabilisé à terme.

En outre, Oracle doit faire face aux conséquences de la guerre en Iran. Depuis le déclenchement de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février 2026, un front inédit s'est ouvert dans le cyberespace physique du Moyen-Orient : les data centers commerciaux des géants technologiques américains sont devenus des cibles militaires. Oracle à Dubaï, Amazon Web Services à Bahreïn et aux Émirats arabes unis ; le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a transformé l'infrastructure cloud en champ de bataille. Une escalade sans précédent qui redessine les contours de la guerre moderne.


Voici l'intégralité de l'e-mail de licenciement envoyé par la direction d'Oracle :

Nous avons une nouvelle difficile à vous annoncer concernant votre poste.

Après avoir soigneusement examiné les besoins actuels d'Oracle, nous avons pris la décision de supprimer votre poste dans le cadre d'une réorganisation plus large. Par conséquent, aujourd'hui est votre dernier jour de travail.

Nous vous sommes reconnaissants pour votre dévouement, votre travail acharné et l'impact que vous avez eu pendant votre passage parmi nous.

Après avoir signé vos documents de licenciement, vous aurez droit à une indemnité de départ soumise aux conditions générales du plan de licenciement. Vous recevrez un e-mail de DocuSign à votre adresse e-mail Oracle contenant les détails de votre indemnité de départ et de votre date de cessation d'emploi.

Action immédiate requise

Pour recevoir des informations importantes concernant la suite de la procédure, notamment une FAQ et les documents relatifs à votre départ, qui vous aideront à traverser cette transition, vous devez fournir une adresse e-mail personnelle.

Veuillez cliquer ici pour saisir immédiatement une adresse e-mail personnelle. En cas d'erreur lors de la saisie, veuillez renvoyer un nouveau formulaire. Remarque : l'adresse e-mail personnelle ne sera utilisée que pour la correspondance relative aux informations concernant votre départ et aux accords de départ.

L'accès à votre ordinateur, à votre messagerie électronique, à votre messagerie vocale et à vos fichiers sera bientôt désactivé, et vous ne pourrez plus vous connecter à votre ordinateur. Pour rappel, il vous est interdit de télécharger, de copier ou de conserver (y compris en vous les envoyant par e-mail) toute information confidentielle d'Oracle.

Merci pour votre contribution à notre organisation. Si vous avez d'autres questions, veuillez contacter l'équipe des ressources humaines via la page « Ask HR » ou au (888) 404-2494.

La direction d'Oracle
Source : Email d'Oracle

Et vous ?

Pensez-vous que cet email est crédible ou pertinent ?
Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi :

Oracle va procéder à des licenciements qui pourraient toucher jusqu'à 30 000 personnes, Larry Ellison étant confronté à une crise de trésorerie pour respecter son engagement de 300 milliards $ envers OpenAI

Licenciés par vidéo : après avoir déployé des solutions d'IA et acheté un jet privé de 75 millions de $, le PDG d'Atlassian licencie froidement 150 employés par vidéo préenregistrée

Les licenciements dans le secteur technologique atteignent leur plus haut niveau depuis 2023 et l'IA est citée comme la cause principale, mais des acteurs comme Sam Altman dénoncent un « AI washing »
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Avatar de weed
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 10/04/2026 à 8:51
N'y a t-il malgré tout un entre deux ? Là, il s'agit de l'une de plus grosse vague de licenciement et après une hausse de salaire du dirigeant. Je pense que tout le monde doit se serrer la ceinture, là, je trouve cela abuser.

De plus avec un tel salaire du dirigeant, je ne suis pas certain que l'entreprise sera portera mieux.
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Avatar de Pierre Louis Chevalier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 10/04/2026 à 12:24
Oracle n'est pas en déficit, ici c'est un choix délibéré de Larry Ellison de virer un tas de gens pour faire un énorme pari sur l'IA, donc pour dégager des fonds pour construire des Data Center. Donc il s'agit bien de remplacer des gens par de l'IA.
La directrice financière sera très bien payée puisque son rôle devra être de dire aux plaignants d'aller se faire voir quand ils vont essayer de contester leur licenciement surprise.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 04/08/2026 à 12:09
elle pourrait être le premier domino à tomber si la bulle de l'IA éclate
Si la bulle IA éclate?

La question n'est pas "SI" mais "QUAND"!!!!!

Depuis le début de la finance, il n'y a jamais eu... Je dis bien JAMAIS eu une bulle spéculative qui n'éclate pas!!!

Depuis le premier crash recensé aux Pays-Bas en février 1637 avec l'éclatement du marché spéculatif des oignons de tulipes, en passant par les emprunts russes, la crise de 29, la bulle internet, la crise des subprimes jusqu'à aujourd'hui le monde financier n'est qu'une succession de crash: Ceux qui gagnent sont ceux qui sont les premiers à investir dans une bulle et les premiers qui en sortent, les "suiveurs" sont toujours ceux qui perdent tout jusqu'à leur slip!!!

Comme dit l'autre: "Un arbre ne pousse pas à l'infini"

---

PS:
La bulle IA vient d'ailleurs de faire une première victime: Le hedge fund "Situational Awareness" fondé en 2024 par un jeune allemand Leopold Aschenbrenner, présenté comme un "génie visionnaire" par les médias et qui se vantait faire une performance de 400% sur le premier semestre 2026 en se concentrant sur les valeurs boursières en relation avec l'IA.

Et bien le hedge fund a perdu 70% de sa valeur au mois de juillet 2026, les banques prêteuses ont exigé une couverture pour l'argent prêté et le "petit génie" a dû vendre son hedge fund à la concurrence pour une somme dérisoire!!!

Son "génie visionnaire dans l'IA" n'aura duré que 1 an et demi
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Avatar de fleluhern
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 05/08/2026 à 9:24
Oracle, l'une des pires entreprises qui existe, avec Microsoft.

Bon débarra :
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 05/08/2026 à 10:25
Citation Envoyé par fleluhern Voir le message
Oracle, l'une des pires entreprises qui existe, avec Microsoft.

Bon débarra :
Le problème, c'est que Oracle ne sera pas la seule!!! C'est l'ensemble de l'économie qui va déguster, du fabricant de puce à la banque, du promoteur d'IA jusqu'à l'argent devant financer votre retraite
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Avatar de fleluhern
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 09/08/2026 à 10:22
Oracle est dans la logique d'une société aux abois, n'ayant pas cru ni vu venir l'explosion de l'IA, elle tente aujourd'hui un coup de poker financier désespéré en s'endettant massivement pour sous-traiter l'infrastructure d'un acteur unique, au risque de sacrifier la rentabilité de ses activités historiques.

Si Oracle coule, ses actifs seront dépecés par ses concurrents hyper-scalers (Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud) qui rachèteront ses centres de données à bas prix, tandis que des fonds de private equity récupéreront les activités historiques de SGBD et de logiciels d'entreprise pour en extraire la rente des licences et imposer des augmentations de tarifs drastiques aux clients captifs incapables de migrer rapidement leurs infrastructures critiques, sans effectuer la moindre évolution des produits, en n'effectuant que le stricte minimum en matière de maintenance et de support technique.

C'est la mort de leur SGBD, de leur offre ERP et de leur écosystème middleware, condamnant définitivement ces technologies à une obsolescence technique irréversible.

Les technologies libres, communautaires ou matérielles subiraient un choc immédiat :

Java (OpenJDK / JDK) : Java ne mourrait pas. La gouvernance du projet OpenJDK basculerait intégralement sous l'égide de la Fondation Eclipse, de la Fondation Linux ou d'un consortium mené par Red Hat (IBM), Microsoft, Amazon (Corretto) et Azul Systems.

MySQL : La version communautaire (GPL) continuerait d'exister, portée par la communauté et par le fork MariaDB. La version commerciale propriétaire s'éteindrait.

VirtualBox : Repris par la communauté open-source sous licence GPL ou abandonné au profit de solutions KVM/QEMU.

Oracle Linux : Projet arrêté ; les utilisateurs migreraient vers Red Hat Enterprise Linux (RHEL), Rocky Linux ou AlmaLinux.

Hardware (Exadata, SPARC, ZFS) : Arrêt pur et simple de la production et de la commercialisation. Vente du stock et du support résiduel à des tiers de tierce maintenance (TPM).
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Avatar de Uther
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 04/08/2026 à 19:03
Citation Envoyé par Anselme45
Depuis le début de la finance, il n'y a jamais eu... Je dis bien JAMAIS eu une bulle spéculative qui n'éclate pas!!!
Rétrospectivement c'est sûr que toutes les bulles ont éclaté vu que quand ça n'éclate pas, on appelle pas ça une bulle.
Mais il y a eu beaucoup de cas de nouveaux marchés qui ont monté et se sont stabilisé ou ont dégonflé progressivement sans chute violente. Et même quand il y a eu des crashs, il y a parfois des survivants qui restent des valeurs sure comme Facebook.
Je dis pas que le crash n'est pas une vraie possibilité, mais c'est plus compliqué que dire ça va péter, c'est sur.
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Avatar de CoderInTheDark
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 09/08/2026 à 11:34
Ouep ça fait peur, tout ça pour qu'une direction et des actionnaires touches plus de pognon
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Avatar de JackIsJack
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 04/04/2026 à 8:45
C'est le genre d'e-mail qui me dissuaderait à tout jamais de m'impliquer pleinement dans un futur job.
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Avatar de CoderInTheDark
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 08/08/2026 à 16:08
Si Oracle fait faillite se serait bien que java soit racheté par quelqu'un qui s'y intéresse , le pirre scénario serait que Microsoft le rachète pour le couler.
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