Depuis le déclenchement de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février 2026, un front inédit s'est ouvert dans le cyberespace physique du Moyen-Orient : les data centers commerciaux des géants technologiques américains sont devenus des cibles militaires. Oracle à Dubaï, Amazon Web Services à Bahreïn et aux Émirats arabes unis ; le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a transformé l'infrastructure cloud en champ de bataille. Une escalade sans précédent qui redessine les contours de la guerre moderne.Avant l'aube du 1er mars 2026, des drones iraniens de type Shahed ont frappé deux data centers d'Amazon Web Services aux Émirats arabes unis. Un troisième centre de données à Bahreïn a également été touché, bien que l'intentionnalité de cette frappe reste moins certaine. C'est la première fois qu'un État a délibérément ciblé des data centers commerciaux en temps de guerre.
L'événement n'est pas passé inaperçu dans le monde de l'informatique. Les frappes ont gravement endommagé deux des trois zones de disponibilité cloud dans la région UAE (ME-CENTRAL-1) et une zone dans la région Bahreïn (ME-SOUTH-1). Les modèles de redondance standard ont échoué, car plusieurs zones sont tombées simultanément. AWS a confirmé des dommages structurels, des coupures d'alimentation, des incendies et des dégâts des eaux liés aux systèmes d'extinction.
Parmi les services touchés : la banque Abu Dhabi Commercial Bank, Emirates NBD, First Abu Dhabi Bank, les plateformes de paiement Hubpay et Alaan, la société de données cloud Snowflake, et la grande plateforme de transport Careem.
Pour les professionnels du secteur, la réponse d'AWS a été symptomatique de l'ampleur des dégâts : AWS a adressé un e-mail à ses clients indiquant qu'il « supprimait tous les frais d'utilisation dans la région ME-CENTRAL-1 pour mars 2026 ». Un geste rarissime de la part d'AWS, qui illustre mieux que n'importe quel communiqué l'étendue réelle des perturbations.
Selon un rapport de Reuters, l'entreprise a déclaré qu'elle s'efforçait de rétablir le service et aidait entre-temps ses clients à migrer vers d'autres régions AWS. « À mesure que la situation évolue et, comme nous l'avons déjà conseillé, nous demandons à ceux qui ont des charges de travail dans les régions touchées de continuer à migrer vers d'autres emplacements », a déclaré Amazon dans un communiqué cité par l'agence de presse.
Oracle dans le collimateur : Dubaï dément, Téhéran revendique
Le 2 avril 2026, l'IRGC a franchi un nouveau palier. Deux jours après avoir menacé d'attaquer directement les entreprises technologiques américaines dans le Golfe dès le 1er avril qu'il considère comme complices des opérations américaines et israéliennes, le Corps des gardiens de la révolution islamique a affirmé avoir ciblé un data center d'Oracle à Dubaï, aux Émirats arabes unis, selon les médias d'État iraniens.
Selon l'agence officielle IRNA, les Gardiens de la révolution ont indiqué que le site Oracle aux EAU avait été ciblé en représailles à une frappe américano-israélienne du 1er avril qui aurait blessé l'ancien ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharrazi et tué son épouse à leur domicile à Téhéran.
Dubaï a démenti catégoriquement. Dans un communiqué publié sur X, le Bureau des médias de Dubaï a qualifié les informations en circulation de « fabriquées et incorrectes ». Ce démenti est intervenu rapidement après que les médias iraniens ont commencé à diffuser cette affirmation. Aucune vérification indépendante de la frappe alléguée n'a émergé, et Oracle n'a pas encore publié de déclaration concernant le ciblage présumé de son infrastructure régionale.
Cette guerre de l'information autour des frappes n'est pas nouvelle dans ce conflit. Une enquête de Bellingcat publiée le même jour affirmait que les Émirats arabes unis avaient, au cours du mois écoulé, « minimisé les dégâts, mal présenté les interceptions et, dans certains cas, ne pas reconnu les frappes de drones iraniens réussies sur le territoire national ».
Amazon à Bahreïn : des frappes à répétition sur l'infrastructure cloud
Parallèlement à Oracle, les installations cloud d'AWS à Bahreïn ont subi des...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Que pensez-vous de ce partenariat technologique entre l’Iran et la Chine aux fins de contrecarrer les Etats-Unis ?