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Oracle dans la tourmente après avoir misé 300 milliards de dollars sur OpenAI ? L'entreprise veut devenir un hyperscaler de première division grâce à l'IA
Mais le marché y voit un pari dangereux

Le , par Stéphane le calme

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Le groupe Oracle Corporation (Oracle) a fait sensation lorsqu’il a annoncé, en septembre 2025, un partenariat de l’ordre de 300 milliards de dollars avec OpenAI. Cette alliance visait à doter ce dernier acteur de l’intelligence artificielle d’une infrastructure de cloud et de calcul massif, positionnant Oracle comme fournisseur clé de l’ère IA. Toutefois, à peine quelques semaines après l’annonce, les marchés financiers ont donné un signal fort : l’accord semble déjà « être sous l’eau ».

L’annonce avait tout d’un coup de tonnerre dans l’industrie technologique : Oracle s’engageait dans un partenariat colossal de 300 milliards de dollars avec OpenAI pour fournir l’infrastructure cloud et la puissance de calcul nécessaire à la prochaine génération de modèles d’intelligence artificielle. Quelques semaines plus tard, la réalité boursière a rattrapé le géant des bases de données : selon le Financial Times, Oracle serait déjà « sous l'eau » sur ce deal monumental, sa capitalisation ayant chuté davantage que la valeur du contrat lui-même.

Le contraste est saisissant. Ce qui devait être un tournant dans la stratégie IA d’Oracle se transforme, aux yeux du marché, en pari risqué. Le deal illustre aussi les dérives possibles d’un secteur où l’ambition technologique précède parfois la prudence financière.


Un accord qui renverse les équilibres

Le contrat signé avec OpenAI place Oracle dans une position nouvelle : celle d’un fournisseur d’infrastructure hyperscale, un rôle traditionnellement réservé à AWS, Google Cloud ou Microsoft Azure. Pour répondre aux besoins d’OpenAI, Oracle doit engager des investissements massifs en data centers, serveurs spécialisés, chaînes logistiques, refroidissement, consommation énergétique et ingénierie réseau.

Pourtant, ce contrat est déséquilibré dans son architecture même. L’essentiel du risque financier pèse sur Oracle, qui doit investir immédiatement dans des capacités gigantesques sans garantie d’une rentabilité rapide. À l’inverse, OpenAI reste un client dont les revenus, bien que croissants, ne sont pas à la hauteur des montants impliqués. Le pari repose sur une hypothèse : l’IA générative connaîtra une explosion de la demande suffisamment forte pour absorber les coûts engagés.

Un marché qui sonne l’alarme

La réaction des marchés a été immédiate et brutale. La capitalisation boursière d’Oracle aurait perdu plus de 315 milliards de dollars depuis l’annonce du contrat (selon le Financial Times), dépassant ainsi la valeur totale de l’accord. Ce glissement traduit un manque de confiance des investisseurs dans la capacité d’Oracle à convertir ce partenariat en création de valeur.

L’agence de notation Moody’s s’est également alarmée du « counterparty risk » élevé : dépendre fortement d’un petit nombre de contrats géants expose Oracle à un choc majeur si OpenAI ne parvient pas à générer les revenus nécessaires. Dans un secteur aussi mouvant que celui de l’IA, où les modèles évoluent plus vite que les prévisions financières, ce risque est loin d’être théorique.


Les failles structurelles d’un pari démesuré

L’accord met en lumière plusieurs fragilités profondes dans la stratégie d’Oracle.

Le premier problème est celui de la temporalité. Les investissements pour construire, équiper et alimenter des infrastructures de calcul IA doivent être réalisés immédiatement. Les retours, eux, sont étalés sur des années, soumis aux incertitudes du marché et dépendants d’un client unique.

Le second concerne la nature même du modèle. Le cloud « IA-first » est coûteux, d’une marge parfois inférieure à celle des services logiciels classiques sur lesquels Oracle a bâti sa réputation. Passer d’un modèle à forte rentabilité logicielle à un modèle d’infrastructure lourde implique une transformation qui n’est pas neutre.

Le troisième réside dans la dépendance stratégique. Miser autant sur OpenAI revient à concentrer une part essentielle de l’avenir de l’entreprise entre les mains d’un seul acteur externe. Si OpenAI connaît un ralentissement, un pivot, ou une évolution technologique imprévue, l’impact sur Oracle serait disproportionné.

Le mirage de la course à l’IA

L’affaire Oracle-OpenAI illustre un phénomène plus large qui touche la tech depuis deux ans : une sorte de « ruée vers l’or » de l’IA où les entreprises investissent des sommes astronomiques pour ne pas rester en marge, parfois sans modèle économique clair.

Le risque est double. D’un côté, certains contrats gigantesques reposent sur une vision optimiste, voire spéculative, de l’usage futur de l’IA générative. De l’autre, cette surenchère pourrait créer une bulle de l’infrastructure IA, où la croissance de l’offre dépasse...
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Avatar de suricata
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 31/03/2026 à 18:17
Les employés, variable d'ajustement par excellence, paient le prix de l'extravagance de la direction sur le marché de l'IA. Lorsque la bulle IA aura implosé, ils n'auront pas fini de payer...
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Avatar de weed
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 10/04/2026 à 8:51
N'y a t-il malgré tout un entre deux ? Là, il s'agit de l'une de plus grosse vague de licenciement et après une hausse de salaire du dirigeant. Je pense que tout le monde doit se serrer la ceinture, là, je trouve cela abuser.

De plus avec un tel salaire du dirigeant, je ne suis pas certain que l'entreprise sera portera mieux.
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 31/03/2026 à 16:27
Citation Envoyé par Jade Emy Voir le message
Ces licenciements s'inscrivent dans le cadre de ce qui pourrait être la plus grande restructuration jamais entreprise par Oracle. TD Cowen estime que ces suppressions pourraient toucher entre 20 000 et 30 000 employés — soit environ 18 % des 162 000 effectifs mondiaux d’Oracle —, libérant ainsi 8 à 10 milliards de dollars de trésorerie. Ces fonds sont nécessaires pour financer une expansion agressive et fortement endettée dans les centres de données d’IA, qui a mis l’entreprise dans une situation financière très difficile.
Ça fait beaucoup de gens à virer.

Citation Envoyé par Jade Emy Voir le message
Oracle a accumulé 58 milliards de dollars de nouvelles dettes en seulement deux mois, son action a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis son pic de septembre 2025, et plusieurs banques américaines se sont discrètement retirées du financement de ses projets de centres de données. L'entreprise, qui a enregistré une hausse de 95 % de son bénéfice net à 6,13 milliards de dollars au dernier trimestre, mise gros sur l'infrastructure d'IA — mais la facture arrive rapidement à échéance.
C'est un paris risqué.
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Avatar de Pierre Louis Chevalier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 10/04/2026 à 12:24
Oracle n'est pas en déficit, ici c'est un choix délibéré de Larry Ellison de virer un tas de gens pour faire un énorme pari sur l'IA, donc pour dégager des fonds pour construire des Data Center. Donc il s'agit bien de remplacer des gens par de l'IA.
La directrice financière sera très bien payée puisque son rôle devra être de dire aux plaignants d'aller se faire voir quand ils vont essayer de contester leur licenciement surprise.
4  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 19/11/2025 à 18:10
Ces accords sont dangereux pour tout le monde en dépendant de la réussite d'un seul acteur. Alphabet est totalement autonome car disposant de son propre cloud, de sa propre IA, de ses propres logiciels et services incorporant l'IA, etc... Alors qu'Oracle et MS sont tributaires d'un seul acteur d'un domaine où il n'en restera probablement guère plus qu'un après la fin de la vague. NVIDIA n'est pas non plus à l'abri bien qu'il ait plusieurs clients en les personnes morales de MS, Meta, Oracle, Alphabet, Amazon. Mais il ne devrait malgré tout pas rester grand-chose après le retournement de marché. Ses résultats du 3e trimestre sont très attendus pour savoir si la bulle explose ou pas. Les marchés veulent 50% de croissance des revenus et des bénéfices sur un an pour continuer à parier sur le secteur de l'IA. C'est tout simplement énorme en sachant que les arbres ne poussent pas jusqu'au ciel. Et je ne parle même pas des prévisions à fournir pour les trimestres à venir. La marche est haute de la part des investisseurs qui depuis quelques semaines veulent des justifications des valorisations stratosphériques qui, tous les acteurs de l'IA réunis, dépassent le PIB des USA. Les seuls MS, Meta, Amazon, Alphabet totalisent 440 milliards d'investissements dans leur infrastructure Cloud IA pour l'année 2026. Autant dire que si les résultats ne sont pas au rendez-vous, les investisseurs vont sanctionner sévèrement. Open AI et Sam Altman en poussant à la roue jouent un jeu dangereux et pour lui-même, et pour tous ceux qui sont dépendants, NVIDIA va passer du summum au plus bas que terre l'année prochaine et la descente pourrait commencer dès ce soir.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/03/2026 à 10:59
Citation Envoyé par suricata Voir le message
Une cotation boursière n'est pas n'importe quoi.
Le problème est justement que la valeur boursière de certaines sociétés actives dans l'IA (éditeur ou comme investisseur) devient factice!

Les entreprises de l'IA et leur petits copains tels que microsoft, nvidia et autre Oracle&Cie annoncent des valorisations qui reposent sur du vide, sur du financement circulaire "Je te donnes des milliards que j'ai pas et en retour tu me commandes des biens et services pour des milliards que tu n'as pas mais au final on comptabilise tous les milliards inexistants comme de vrais actifs"

Oracle en est le parfait exemple, il a donc annoncé investir 300 milliards dans l'IA? 300 milliards qu'il n'a pas mais que OpenAI s'est certainement empressé de comptabiliser comme du cash qu'il va utiliser pour commander du cloud chez Oracle à hauteur de quelques centaines de milliards?

Qui a écrit que lors d'une marée basse, "quand l'eau se retire, c'est à ce moment que l'on voit qui se baigne tout nu"?
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Avatar de JackIsJack
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 04/04/2026 à 8:45
C'est le genre d'e-mail qui me dissuaderait à tout jamais de m'impliquer pleinement dans un futur job.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/02/2026 à 17:51
Les banques font appel à des compagnies d'assurance et des fonds de crédit privés afin de trouver des acheteurs pour des prêts de 56 milliards de $ liés aux vastes projets de centres de données IA d'Oracle
En d'autres termes, les banques n'ont pas confiance et ne veulent pas investir leur propre argent... Elles veulent juste intervenir comme intermédiaire rémunéré: Elles cherchent des "pigeons" prêts à perdre leur argent et se font payer au passage pour les avoirs trouvé...

Cela en dit long sur l'appréciation de l'IA par le monde financier: L'IA relève des "junk bonds" (Pour info, en américain courant, junk veut dire « ordure », « de très mauvaise qualité »)
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 08/04/2026 à 13:28
Citation Envoyé par Anthony Voir le message
Selon le document officiel déposé par Oracle, Hilary Maxson percevra un salaire de base annuel de 950 000 dollars. Elle pourra en outre prétendre à une prime liée à la performance, dont l'objectif est fixé à 2,5 millions de dollars. La prime dépendra de la réalisation d'objectifs de performance spécifiques et sera calculée au prorata pour l'exercice financier en cours, qui se termine le 31 mai 2026. Cela porte sa rémunération annuelle totale en espèces à un montant potentiel de 3,45 millions de dollars, hors primes sous forme d'actions.
Il faut voir le bon côté, ça donne un exemple dans l'argumentaire "pour le même travail les hommes ne sont pas plus payés que les femmes".

Quelque part c'est une grosse victoire pour certains courants féministes
Plein d'hommes ont été virés, afin qu'une conseillère financière puisse être payé une fortune (bon là ça ne fonctionne pas, parce que dans les gens virés d'Oracle, il doit y avoir beaucoup de femmes)
Ça va peut-être créer des vocations, des petits filles aux USA vont se dire "moi aussi je vais devenir conseillère financière d'une grosse entreprise".

Citation Envoyé par Anthony Voir le message
Si ce type de restructuration est courant dans le secteur des technologies, le contraste entre ces suppressions d'emplois à grande échelle et les rémunérations élevées des dirigeants devrait continuer à faire l'objet d'une attention particulière.
Salauds de dirigeants !

Citation Envoyé par Anthony Voir le message
Cependant, certains acteurs, comme Sam Altman, dénoncent un phénomène d'« AI washing », où l'IA servirait d'excuse parfaite pour justifier des licenciements qui n'ont rien à voir avec cette technologie, mais qui seraient liés à une crise du capitalisme.
Ça se tient.

Les entreprises ne disent jamais "Nous souhaitons diminuer les dépenses, nous allons donc virer un pourcentage important des travailleurs au pif et voir comment ça se passe".
Ce serait marrant une entreprise honnête, les actionnaires adoreraient ça !
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Avatar de weed
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 12/04/2026 à 12:03
Citation Envoyé par Pierre Louis Chevalier Voir le message
Oracle n'est pas en déficit, ici c'est un choix délibéré de Larry Ellison de virer un tas de gens pour faire un énorme pari sur l'IA, donc pour dégager des fonds pour construire des Data Center. Donc il s'agit bien de remplacer des gens par de l'IA.
La directrice financière sera très bien payée puisque son rôle devra être de dire aux plaignants d'aller se faire voir quand ils vont essayer de contester leur licenciement surprise.
Je suis trop naïf ! J'aurais pensé qu'il utilise l'IA pour l'implémenter dans leur outil d'administrateur pour aider les DBA à faire certaines vérifications de leur base de donnée.
Je ne vais pas être cool, espérons qu'ils s'en mordent les doigts et que leur outil deviennent moins bien et que leur client leur fasse savoir.
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